Footgate: Bart Vertenten contre-attaque et assigne l’Union Belge en justice

Un an après le scandale, Bart Vertenten réclame 130 000 euros.

Un an après qu’a éclaté le Footgate, l’ex-arbitre Bart Vertenten, 31 ans, réclame 130 000 euros à l’Union belge de football pour licenciement abusif. Son avocat, Hans Rieder, a assigné hier l’Union royale belge des sociétés de football association devant le tribunal du travail de Bruxelles. Bart Vertenten, qui conteste sa mise à l’écart comme arbitre, avait été licencié cinq jours après la vague de perquisitions menées en octobre de l’an passé.

Dans sa lettre de licenciement pour « rupture du lien de confiance », la fédération belge de football faisait référence à un communiqué de presse du parquet fédéral où, entre autres reproches, il était question de contacts entre Vertenten et Veljkovic et d’un penalty suspect lors du match Anvers-Eupen. Or, comme après chaque match, un rapport d’arbitrage fut établi ce jour-là, constate Hans Rieder. Et qu’y lit-on ? Que celui qui est blâmé n’est pas l’arbitre mais le juge de ligne. Plus loin, le rapport souligne de « très bonnes réactions, un très bon traitement de la rencontre et cinq cartons jaunes justifiés ». L’avocat Hans Rieder ajoute que l’Union belge avait connaissance de cela quand elle a pris la décision malgré tout de licencier Bart Vertenten.

Quant à ces contacts avec Veljkovic, Hans Rieder ne se prive pas de souligner, dans sa citation adressée à l’URBSFA, que Paul Allaerts, le patron des arbitres, est lui-même allé manger avec Dejan Veljkovic. Bart Vertenten affirme qu’il n’a commis aucune faute et qu’il n’y a aucune preuve contre lui.

Le montant de 130 000 euros réclamé à l’Union belge tient compte aussi du fait qu’on l’a privé à tort de faire ce qu’il aime le plus : arbitrer. Pour son avocat, le renvoyer à sa vie civile – Vertenten est radiologue – a « été une erreur ».

Bart Vertenten se trouvait en prison quand il a reçu sa lettre de licenciement avec prise d’effet immédiat. Il était détenu pour participation à une organisation criminelle et corruption privée. Pour l’Union belge, la rupture de confiance était justifiée par ses contacts avec l’agent de joueurs Dejan Veljkovic.

Deux matchs suspects étaient épinglés. FC Malines – Waasland-Beveren du 11 mars 2018. Pour son avocat, Vertenten n’arbitrait pas, n’était pas présent et n’a donc pas pu influencer le score. Quant au second match, Anvers-Eupen, disputé le 3 mars 2018, Anvers l’avait emporté sur un penalty discutable. Sauf que le rapport d’arbitrage avait souligné une très bonne application par Vertenten des règles du jeu dans une rencontre nerveuse. Vertenten avait été côté 7,9, qui aurait même pu être 8,3 sans une erreur évidente qui devait être attribuée au juge de ligne Yves De Neve.

Selon Hans Rieder, l’URBSFA savait, au moment du licenciement, que la communication du parquet à la presse était contredite par les faits et les informations contenues dans le rapport d’arbitrage.

Selon HLN, l’assignation de l’Union belge devant le tribunal du travail affirme encore que l’arbitre Sébastien Delferière, à charge duquel des indices de corruption se trouvent dans le dossier, comme une réduction sur l’achat d’une Audi grâce à l’intervention de Veljkovic, a « été suspendu ». Pas licencié comme Vertenten, pour lequel rien n’indique au contraire dans le dossier qu’il aurait reçu cadeau ou argent. Selon HLN, l’avocat de Bart Vertenten fait remarquer que Sébastien Delferière est le fils de David Delferière, qui siège au comité exécutif de l’Union belge. « Inacceptable », pour Hans Rieder, dont personne n’oublie qu’il est celui qui a fait écarter de l’enquête le premier juge d’instruction en charge du Footgate, Joris Raskin.

DHNET

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Author: Master

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