Anderlecht: le plan financier de Wouter Vandenhaute pour sauver le RSCA

L’accord entre les actionnaires n’est pas encore officiel et différentes étapes restent à franchir. Mais le RSCA semble enfin avoir trouvé une solution structurelle pour résoudre ses problèmes financiers.

Photonews
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Le CEO Jos Donvil remercié neuf mois à peine après avoir remplacé Karel Van Eetvelt n’ayant lui-même tenu guère plus longtemps comme successeur de Jo Van Biesbroeck, Peter Verbeke susceptible de cumuler les fonctions de manager général et de directeur sportif comme le fait Vincent Mannaert à Bruges et le président Wouter Vandenhaute qui devient également actionnaire : un énième tour de carrousel en attendant le suivant, au RSCA ? Cette fois, il semblerait bien que non. Si la solution structurelle exposée ci-après se concrétise, Anderlecht pourrait très rapidement redevenir un club sain. Et sortir, beaucoup plus tôt que prévu, de son enlisement financier.

On ne crie pas encore victoire, à Neerpede, car tout cela devra encore être avalisé par la « Commission du ruling ». Au même titre que le nouveau Business plan de Peter Verbeke devra l’être par les actionnaires. Marc Coucke et ses proches n’en espèrent pas moins que tout puisse être entériné au plus tard pour Noël. L’avenir du plus grand club de Belgique est en jeu. Ni plus, ni moins.

Voici les tenants et les aboutissants de ce plan qui se faisait attendre depuis des mois. Et présenté au cours d’un Conseil d’administration, tenu secret, il y a quinze jours.

1. Marc Coucke met encore la main au portefeuille : 33 millions « oubliés » et 18 millions convertis en capital.

Une fois de plus, l’actionnaire principal des Mauves prouve qu’il entend réussir au parc Astrid et qu’il n’est pas près de quitter le navire. Pour qu’un accord puisse être trouvé entre toutes les parties, Marc Coucke et sa société Alychlo ont décidé de laisser tomber 33 des 51 millions de dettes. Une manière pour Anderlecht d’être soulagé de ses dettes via la clause de « retour à meilleure fortune ». Il s’agit d’une clause par laquelle un débiteur en difficulté – en l’occurrence le RSCA- s’engage, moyennant l’abandon par son créancier (Marc Coucke) d’une partie de sa créance, à en parfaire ultérieurement le règlement si la chance lui procure les moyens d’y arriver. Un joli cadeau, auquel il faut ajouter les 18 millions restant qui seront convertis en capital.

2. Une injection de 42 millions.

Grâce à cet accord, Anderlecht enregistrerait, au-delà de la conversion d’une partie des dettes en capital, la rentrée de 42 millions d’argent frais. 24 millions sont apportés par Geert Duyck et Wouter Vandenhaute, ce dernier devenant par la même occasion un président-actionnaire. C’est via leur société « Mauvavie » (le jeu de mots est symbolique) que Duyck et Vandenhaute s’engagent. 5 autres millions sont investis par Steven Buyse, un ami de Duyck. Les actionnaires B apportent quant à eux 2 millions supplémentaires tandis que Marc Coucke rajoute encore pas moins de 11 millions dans les caisses du club bruxellois.

3. Le grand rêve de Wouter Vandenhaute deviendrait réalité.

Magnat des médias flamands et patron des Flanders Classics à qui appartient notamment le Tour des Flandres, Wouter Vandenhaute verrait son grand rêve devenir réalité après 21 mois d’efforts et de négociations pour tenter de sortir le Sporting de l’impasse. Supporter des Mauves depuis sa plus tendre enfance, Vandenhaute deviendrait en partie propriétaire du RSCA après en être devenu le président il y a un an. Arrivé au sein de la direction anderlechtoise en janvier 2020, en tant que conseiller externe de Marc Coucke – il était alors encore actionnaire au sein de la société d’agents de joueurs Let’s Play –, on rappellera que VDH avait voulu racheter Anderlecht il y a près de quatre ans avec notamment ses deux partenaires Geert Duyck et Steven Buyse. Alors qu’il s’était vu brûler la politesse par… Coucke en décembre 2017, il est parvenu aujourd’hui à devenir son principal allié. Un joli tour de force de la part de l’homme d’affaires gantois à l’appétit insatiable. Craignant de devenir un problème supplémentaire plutôt que la solution, Wouter Vandenhaute avait refusé d’investir dans le club bruxellois il y a douze mois malgré l’insistance de Coucke. Mais, vu l’urgence de la situation, il a fini par franchir le pas.

4. Une nouvelle répartition des parts.

Chef de file des actionnaires historiques, favorables au nouveau plan mais soucieux de rester impliqués dans les décisions du club, Etienne Davignon a accepté depuis plusieurs mois déjà de collaborer avec les A. En espérant que tous les actionnaires finissent par se rassembler sereinement autour d’un même projet. Si c’est le cas, Marc Coucke et son partenaire Joris Ide resteraient les actionnaires majoritaires du RSCA avec plus de 50 % des parts. Le duo Vandenhaute-Duyck en détiendrait un peu plus de 25 % tandis que les parts des actionnaires B (Davignon, Verschueren, Beerlandt, les filles Vanden Stock) dépasseraient légèrement les 10 %.

5. Peter Verbeke pourrait devenir le Vincent Mannaert du RSCA.

Fragilisé financièrement depuis plusieurs années, Anderlecht pourrait peu à peu oublier ses pertes et ses dettes, estimées à respectivement 36,4 millions et 116,7 millions lors des derniers comptes annuels publiés en février dernier et portant sur 2019-2020. Des chiffres qui, malgré les ventes de Dendoncker, Saelemaekers, Bornauw et Santini pour 32 millions, constituaient un record. Certes, les 26,5 millions de la vente de Jérémy Doku devraient quelque peu adoucir la note pour l’exercice 2020-2021, mais le coronavirus n’a guère arrangé les affaires mauves ces derniers mois. C’est dire toute l’importance de l’accord susceptible d’être conclu à l’ombre de saint Guidon pour le futur du RSCA. Lequel rêve de pouvoir enfin envisager l’avenir plus sereinement alors que la Commission des licences ne cesse de mettre la pression depuis des mois. Pas question, toutefois, de faire des folies et de jeter à nouveau l’argent par les fenêtres au parc Astrid. Anderlecht paiera encore au moins jusqu’en 2023 la mauvaise gestion des dix dernières années et les erreurs de Marc Coucke lors de son arrivée dans la capitale. Le CEO Jos Donvil parti, Peter Verbeke sera plus que jamais le garant d’une gestion saine. Il pourrait même assurer à la fois la fonction de directeur sportif et celle de manager général, comme le fait Vincent Mannaert à Bruges. Avec peu de moyens (4 millions durant l’été 2020 et 13 millions l’été dernier), Verbeke a prouvé que le Sporting pouvait grandir tout en restant raisonnable. C’est à ce prix-là, aussi, que les projets du nouveau stade et de la modernisation du centre de formation de Neerpede pourront enfin entrer dans le vif du sujet.

6. Vincent Kompany va devoir faire des résultats.

L’argent n’est pas tout. Quoi qu’il arrive, pour qu’Anderlecht relève vraiment la tête, les résultats vont désormais devoir suivre sur le terrain. Tous les regards se tournent ici vers Vincent Kompany, qui conserve jusqu’à nouvel ordre toute la confiance des patrons bruxellois. Mais qui a reçu plus de crédit que n’importe quel autre entraîneur depuis plus d’un an et qui dispose d’un noyau plus compétitif que la saison dernière. Rappelons que les dirigeants anderlechtois veulent impérativement accrocher les play-offs 1 au printemps prochain et lutter ensuite jusqu’au bout pour le titre. La concrétisation du plan devrait enfin offrir au coach anderlechtois un environnement plus serein et plus stable pour tenter de mener à bien sa mission.

Author: LESOIR